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Protection de l'enfance
:
lutter contre l'exploitation
et contribuer au développement.
Les changements
climatiques :
des conséquences imprévisibles
Découverte du patrimoine
:
le site d'Apollonia (Libye)
Traditions dans
le M'zab,
près de Ghardaia (Algérie).
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I. Le tourisme éthique, une nouvelle mode ?
Depuis quelques années, le désir de mettre de l’éthique
dans le tourisme sous de multiples formes se développe au point de devenir progressivement
une mode. Des organismes naissent qui donnent un label, des voyagistes se réclament
d’un ou plusieurs des concepts qui se sont développés en marge d’une éthique du voyage
: tourisme solidaire voire humanitaire, tourisme équitable, tourisme responsable,
écotourisme, tourisme durable, etc.
II. Les dégâts d’une certaine forme de tourisme
De toute évidence, cette mode du tourisme éthique
va de pair avec la constatation déjà ancienne de multiples abus et même d’actes
gravement délictueux dans le cadre de voyages organisés : tourisme sexuel visant
des enfants et développement d’une prostitution de mineurs directement organisée
dans le cadre des activités touristiques, trafics de stupéfiants ou d’objets d’art
par le moyen détourné du tourisme, encouragement de l’achat de contrefaçons dans
les pays d’accueil, exploitation des populations locales mal payées voire absolument
pas rémunérées pour leur travail, pratique mal compensée par une incitation à l’achat
d’un « artisanat » qui constituera finalement l’unique salaire des hôtes.
III. Tourisme de masse et changements climatiques
Le développement des concepts et des formules de tourisme
équitable est en même temps lié au développement du tourisme de masse et à la juste
attention portée depuis peu aux graves problèmes d’environnement et de climat :
Le tourisme de masse a engendré des effets désastreux
par la construction souvent anarchique d’hôtels et d’établissements d’accueil qui
ont définitivement dénaturé des côtes et des environnements jadis protégés et privilégiés.
L’effectif souvent considérable de touristes arrivant dans un même lieu, notamment
par des vols charter aux rotations permanentes, a transformé des régions entières
qui ont progressivement perdu leur identité, leur caractère et leur charme. La conception
même de cette forme de tourisme a conduit à transformer les lieux d’accueil en des
lieux de consommation aux dépens d’une connaissance des populations et des cultures
du pays. Les « hôtels clubs » sont souvent transformés en places fortes totalement
isolées, ce qui rend impossible les échanges avec les populations locales, à l’exception
de quelques rencontres orchestrées et le plus souvent artificielles.
L’attention croissante aux changements climatiques
et à l’augmentation de l’effet de serre et les études sérieuses conduites sur ces
phénomènes ont montré à juste titre que le tourisme de masse constituait l'un des
facteurs aggravants. Le développement constant du transport aérien ne peut pas être
entièrement mis sur le compte du tourisme, mais celui-ci joue une part non négligeable.
De là des initiatives visant à contrer l’effet commercial négatif que le tourisme
subit en retour.
IV. Le tourisme éthique : nouveau commerce, nouveau
marché
Mise à part la création de labels déjà évoquée, la
prise de conscience de la demande d’un tourisme éthique conduit à la multiplication
d’initiatives commerciales de la part d’un grand nombre voyagistes. Des tours opérateurs
nouveaux voient le jour qui prennent comme leitmotiv l’un ou l’autre des aspects
éthiques du tourisme : agences de voyages écotouristiques ou solidaires,
etc.
Plus fréquemment, ce sont les plus gros tour opérateurs,
ceux-là même qui ont souvent compté parmi les acteurs des désastres écologiques
évoqués plus haut, qui tentent d’instiller dans leurs propositions de voyages des
formes de contribution au tourisme éthique : proposition d’une éco-taxe, appel à
cotisation volontaire de la part des clients en vue de la participation à des projets
de développement et bien d'autres initiatives.
Même si de nombreuses initiatives dans ce domaine
sont nobles et ont au moins le mérite de manifester une réelle prise de conscience
des enjeux éthiques du tourisme, elles comportent à nos yeux un risque majeur :
celui de transformer des questions aussi graves en une occasion supplémentaire de
prendre des parts de marché. Il est extrêmement délicat de tirer un nouvel argument
commercial de réalités graves dont les solutions ne peuvent pas être avant tout
mercantiles.
V. La position de Terre Entière : des voyages culturels,
un tourisme responsable
Depuis plus de trente ans, Terre Entière se donne
pour objectif de permettre aux voyageurs la rencontre avec les cultures et les populations.
Le choix délibéré de ne chercher aucun label particulier dans le domaine du tourisme
éthique ne représente en aucune manière une forme de mépris à l’égard de toutes
les bonnes initiatives. Nous préférons toutefois, dans la mesure du possible, mettre
l’éthique au cœur de chacun de notre action plutôt que d’afficher une étiquette
qui serait un nouvel argument de vente. Chez Terre Entière, l’orientation entérinée
depuis longtemps afin de favoriser une éthique dans le tourisme se manifeste de
multiples manières. Nous en citons ici quelques-unes :
- Dans chaque pays, le choix d’un partenaire qui s’associe
pleinement à nos exigences et qui les comprend. Des visites régulières chez nos
correspondants dans chaque pays permettent de nous assurer de cette cohérence. En
cas d’évolution négative d’un correspondant (liée à une reprise, un rachat ou une
simple détérioration des services), Terre Entière n’a jamais hésité à en changer.
- L’attention permanente à ce que chacun des acteurs
du tourisme reçoive le salaire qui lui est dû. Dans ce cadre, Terre Entière refuse
l’exploitation courante dans certains pays sinistrés par un désastre écologique
ou politique. Il n’est pas rare, chez des tour opérateurs, de sous-payer des correspondants
sous prétexte que leur destination ne se vend plus. Ces pratiques sont toujours
au détriment d’une juste rémunération de nombreux acteurs du tourisme local, surtout
les plus modestes. Le choix de Terre Entière vise à offrir le meilleur rapport qualité
/ prix et non pas le prix le plus bas au risque de mépriser celles et ceux qui méritent
leur salaire.
- Le choix constant d’infrastructures d’accueil locales
et le refus des usines à touristes. Dans le même sens, Terre Entière préfère
toujours donner l’occasion aux voyageurs de visiter des sites insolites et éloignés
des grands centres touristiques.
- Dans le domaine du transport, Terre Entière évite
les charters et privilégie le choix de compagnies régulières obéissant strictement
aux normes en matière de pollution, de respect de leur personnel et de respect des
voyageurs.
- A chaque étape du voyage, aider nos clients à faire
en sorte que la découverte et le respect du pays d’accueil l’emportent sur une simple
consommation des lieux visités.
Terre Entière, spécialiste du voyage culturel, n’a
pas attendu que le tourisme éthique devienne une mode pour le pratiquer. L’entreprise
reste toutefois vigilante, consciente de sa responsabilité et faisant en sorte de
favoriser avec toujours plus de rigueur un tourisme respectueux des pays d'accueil
et contribuant à leur développement.
Hubert Debbasch
Le sens du voyage
culturel chez Terre Entière
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